Accueil > Sécession Viennoise

Sécession Viennoise

À chaque époque son art et à chaque art sa liberté1

La Sécession Viennoise est une association d'artistes fondée au printemps 1897 à Vienne. Elle nait d’une volonté de certains artistes autrichiens déjà reconnus de se détacher de la Wiener Kunstlerhaus, institution représentant l'art traditionnel qui, d'après eux, n'évoluait plus. Cette séparation est elle-même encouragée par la « critique d'art viennois qui avait clairement prévenu qu’il fallait se détacher des modèles conservateurs et [combattre] l'absence d'innovation dans la vie artistique de la ville. [...] Les sécessionnistes étaient à la recherche de nouvelles formes d'expression. Ils avaient un nouvel idéal de beauté et voulaient un mouvement sans contraintes politiques, économiques et financières. En d’autres termes, ils voulaient un art nouveau typiquement autrichien »2.

Dans une société en pleine crise d’identité où l’art était un des rares terrains d’entente des différentes entités nationales de l’Empire Austro-hongrois, une telle association ne pouvait que recevoir un bon accueil. Ils furent même encouragés par le gouvernement lui-même. En conséquence, ils bénéficièrent très vite d’une grande visibilité et d’une large quantité de ressources3. Le but des fondateurs du mouvement était d’aider les jeunes artistes à exposer leurs travaux, d’attirer à Vienne les meilleurs artistes étrangers, de publier leur propre magasine (intitulé Ver Sacrum) et enfin et surtout d’élever l'art autrichien à un niveau international4. Les principaux membres de ce mouvement étaient Gustave Klimt, Koloman Moser, Josef Hoffmann, Joseph Maria Olbrich, Carl Moll, Franz Matsch, Wilhelm List, Ernst Stöhr, Max Kurzweil et Josef Engelhart. Ils organisèrent de nombreuses expositions, 22 entre 1898 et 1905, encourageant sans aucune discrimination la coexistence de différents styles et spécialités artistiques5.

Alors que la revue Ver Sacrum devint le forum littéraire pour la propagande de la modernité viennoise, dont un des protagonistes était Hermann Bahr, l’exposition devint le lieu d’exportation du combat pour l’art moderne6. En novembre 1898, l’architecte Joseph Olbrich finit la construction du bâtiment de la Sécession à Vienne où se dérouleront dorénavant toutes les expositions. En 1900, Meier-Graefe envoie près de 14 œuvres de Minne à la VIIIe Exposition de la Sécession. Le succès rencontré correspond vraisemblablement à un profond changement d’orientation de l’association qui allait vers plus de sobriété, s’intéressant de plus en plus « aux notions de "style", d’art monumentale, d’architecture intérieure et d’art décoratif»7.

Références :

1 Slogan de la Sécession Viennoise écrit par Ludwig Hevesi, repris dans Michelle Facos et , Sharon L. Hirsh, Art culture and national identity in fin-de-siecle Europe, Cambridge : Cambridge University press, 2003, p.70

2 Victoria Charles, et Carl Klaus H., La Sécession Viennoise, [New York]: Parkstone International, 2012, p.71.

3 Facos Michelleet , Sharon L. Hirsh, Art culture and national identity in fin-de-siecle Europe, Cambridge : Cambridge University press, 2003, p.69

4 Victoria Charles, et Carl Klaus H., op.cit., p.72

5Ekkehard Mai, « La Sécession Viennoise de 1902 : L’exposition comme œuvre d’art totale », in KlüserBern e.a., L'art de l'exposition : une documentation sur trente expositions exemplaires du XXe siècle, trad. par Denis Trierweiler, Paris : Editions du Regard, 1998, p.54

6 Loc.cit.

7 Marian Bisanz-Prakken, «’’ Sehr geheime Wallungen der Seele’’ Inspiration belges de la modernité viennoise vers 1900 » in L'univers de George Minne & Maurice Maeterlinck, Gand , Museum voor Schone Kunsten, 22 octobre 2011 - 19 février 2012, pp.214-215