Le quotidien des Bruxellois en image

Famine et Restrictions

« À la carte » : Se nourrir à Bruxelles en temps de guerre.


La Ville contre la faim

 

Malgré la mise en place d'un Comité national de secours et d’alimentation pour faire face aux problèmes de ravitaillement pendant la guerre, la famine est inévitable à Bruxelles. La Ville de Bruxelles tente tant bien que mal de trouver des solutions pour soulager les estomacs des habitants par différents moyens : distributions de soupe (fig.1), de pain, les cuisines de campagnes (fig.2),...Mais cela ne suffit pas. Tandis que les Allemands puisent tranquillement dans les ressources alimentaires réquisitionnées à la ville comme au reste du pays, les Bruxelloises remuent ciel et terre pour dénicher de quoi remplir leur panier.

 

L'école de la rue du Vautour pendant la guerre 14-18

 fig.1: "L'école de la rue du Vautour pendant la guerre 14-18: Distribution de la soupe"

Que vendre?

 

La population se bouscule dans les marchés et les magasins pour trouver des produits à moindre coût alors que les prix atteignent les plafonds. Les commerçants ne sachant plus quoi vendre à leur clients avec les épuisements rapides de stocks, se tournent très rapidement vers " Les falsifications des produits alimentaires ". Leur but consiste ainsi à donner du beurre à qui en veut quitte à appeler de la margarine, du beurre. Les produits qui étaient alors ce que le Bruxellois consommait au quotidien sont associés aux produits de luxe. Les restaurants adaptent leur menu afin que les prix affichés sur la carte restent abordables au petit peuple et aux "pauvres honteux" (bourgeois appauvris pas les problèmes de ravitaillement).

 

Bruxelles pendant l'Occupation. 21. Les cuisines de campagne de la Grand'Place

fig.2: "Bruxelles pendant l'Occupation.21. Les cuisines de campagne de la Grand'Place"

À la maison, la debrouille...

 

Aux fourneaux, la ménagère vivant à Bruxelles inventent chaque jours de nouvelles idées pour préparer des mets suffisamment délicieux et pas très chers pour nourrir sa famille. Elle n’hésite pas à retravailler certaines recettes, voir en créer de nouvelles en étant chaque jour de plus en plus créative. Ces recettes de cuisine permettant de contrecarrer les restrictions imposées par l'ennemi, ont été conservées et rassemblées pour former l'ouvrage Notre pain quotidien. Recueil de recettes à la disposition de chacun.. Enfin, on ne pourrait parler de la Première Guerre mondiale sans parler des produits de substitution. L'exemple probablement le plus frappant est celui du rutabaga souvent utiliser pour substituer la pomme de terre (alors sous le coup des restrictions allemande, cf: fig.3) mais il existe encore bien d'autres produits du même genre comme la margarine par exemple. Mentionnons également la transformation de nombreux jardins et parcs en potager. Toutes ces astuces mises en places par les Bruxellois, qu'ils soient commerçants ou clients, ont souvent été des sujets prêtant à rire et sur lesquels une série de caricatures ont été faites. Pour en savoir plus sur les caricatures à propos des problèmes de l'alimentation à Bruxelles, nous vous renvoyons aux articles suivants:"L'art d'accomoder les restrictions" ou "Bruxelles a faim!".

 

Affiche allemande : Arrêté concernant le stockage des pommes de terre.

fig.3: "Affiche allemande: Arrêté concernant le stockage des pommes de terre"